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Iv Psalti & Pierre Vico
Amélioration de l’image corporelle des seins chez les femmes : la place de la
chirurgie esthétique.
Sexualités Humaines 2020 ; 46: 30-37.
Introduction
Nous estimons que plus de 50 % de femmes n’aiment pas leurs seins, car pour elles, ils ne
sont pas conformes à leurs critères personnels de beauté (elles les trouvent trop gros, trop
petits, tombants, asymétriques, mous, affaissés après plusieurs grossesses et allaitements…).
Elles se sentent aussi gênées qu’un homme puisse s’y intéresser. Pourquoi ? Parce qu’elles ont
une mauvaise image corporelle de leurs seins, ne les ont pas érotisés ni investis sexuellement.
La poitrine n’est pas érotisée chez la femme depuis toujours, ni dans toutes les cultures. Chez
les Japonaises, pendant longtemps, les seins étaient bandés et écrasés par le vêtement parce
qu’ils étaient le contraire d’un objet d’érotisme. Dans beaucoup de populations noires, le sein
n’était pas caché, mais sa fonction nourricière empêchait qu’il soit également associé au
plaisir. Le sein outre sa dimension symbolique de maternité est un des attributs de la féminité
et de la séduction. Le sein de l’allaitement n’a rien à voir avec le sein érotisé de la sexualité.
Plus les seins sont proclamés, investis de pouvoir, associés à la beauté, plus ils sont chargés
émotionnellement et érotiquement, chez les deux sexes. Une étude de l’Université
Westminster en Angleterre a montré qu’une majorité d’hommes sont plus attirés par des seins
décrits comme étant de taille « moyenne ». Il semblerait que les hommes préférant les gros
seins auraient une perception plus traditionnelle des femmes.
Image corporelle et sexualité (1)
L’image corporelle est la représentation mentale que l’on se fait de son propre corps, à
laquelle s’ajoutent les sentiments, les pensées et les jugements qu’il engendre. Cette image est
créée par les expériences du sujet, à commencer par sa petite enfance et ses expériences du
regard : regard de soi dans la glace ainsi que le regard de l’autre.
Pour bien vivre sa sexualité, il faut avoir une image corporelle saine et une estime de soi, un
corps dans lequel la personne se sent au mieux, un corps qu’on a pu apprivoiser dans son
évolution et dans son fonctionnement.
Une femme qui s’estime non-attractive comprend difficilement qu’une autre personne puisse
la trouver désirable. La femme ne doit pas seulement constater qu’elle plaît, elle doit aussi se
plaire à elle-même.
Nous, sexologues, associons une image négative avec une timidité anxieuse et un évitement
d’activités sexuelles. Une faible estime de soi et une perception négative de son corps
handicapent le lâcher-prise, nécessaire à la montée du plaisir.
En fait, une image corporelle négative peut influencer différents aspects de la vie : elle peut
• diminuer l’estime de soi ;
• engendrer de l’anxiété dans les relations sociales ;
• être en lien avec la dépression ;
• conduire à des troubles alimentaires ;
• entraîner des difficultés dans les relations sexuelles.
Érotisation du corps et sexualité (1)
Les zones érogènes sont des parties du corps particulièrement sensibles aux caresses, parce
que disposant de plus de récepteurs sensoriels. La stimulation de ces territoires corporels, si la
réceptivité est présente, provoque des réactions sexuelles (la femme lubrifie, l’homme a une
érection). Les caresses ne suffisent pas à procurer des sensations. La réceptivité de la
personne caressée intervient et dépend de la confiance envers le partenaire. On obtiendra plus
facilement le lâcher-prise si, à ce moment-là, on se sent en sécurité et en phase avec l’autre.
Les parties du corps les plus excitables varient selon chaque personne. Connaître son corps et
ses zones érogènes permet de savoir détecter quelles parties de son corps seront les plus
rapidement excitées par le partenaire. Cependant, la première zone érogène est le cerveau,
l’endroit où l’on trouve la plus grande concentration de récepteurs aux hormones sexuelles :
les androgènes et les œstrogènes.
Grâce aux caresses et à la stimulation, tout un chacun peut sensibiliser une zone, la rendre
érogène.
En fait, si une personne arrive à érotiser plusieurs parties de son corps, elle fera plus souvent
l’amour et améliorera encore plus son image corporelle. Elle entrera alors dans un cercle
vertueux : si elle a une bonne image corporelle, elle voudra répéter ses expériences sexuelles
plus souvent. L’apprentissage et la découverte de sa sexualité sont nécessaires, mais ne
suffisent pas. Une pratique régulière de la masturbation et de rapports sexuels est souvent
indispensable.
Comment érotiser son corps ?
En travaillant à améliorer son image corporelle et à érotiser son corps, on est dans « recevoir »
du plaisir sur les zones stimulées et « prendre » du plaisir au niveau du cerveau.
Érotiser un endroit de son corps se réalise en touchant cette partie ; c’est alors qu’un message
part du cerveau pour signaler que cette caresse est érotique ; le corps réagit par une excitation
sexuelle : érection chez l’homme et lubrification chez la femme.
Un exemple, la poitrine…
Si une femme veut érotiser sa poitrine, elle doit la caresser pendant la masturbation tout en
fantasmant sur un scénario excitant. L’idée est qu’entre cette partie du corps et le cerveau un
circuit se forme. Le cerveau se dit alors : « Attention caresses érotiques » ! Et ensuite, en
touchant cette zone, le circuit est activé, le cerveau qui a appris la leçon, répète : « Ah, tiens !
Une caresse érotique » … et la personne est excitée. Manifestation clinique : lubrification
vulvaire et vaginale. C’est comme à la loterie, il faut frotter, gratter… pour gagner.
Une femme qui a érotisé ses seins les caresse pendant sa séance de masturbation et elle aime
que lors du rapport sexuel, le partenaire les touche, les effleure… Certaines qui ont les
mamelons sensibles préfèrent les caresses réalisées avec beaucoup de tendresses. Et d’autres,
plus rares, apprécient les pincements forts, les pétrissages brutaux ou les morsures.
Comment améliorer son image corporelle ?
Dans notre société où les standards esthétiques socialement valorisés s’éloignent de plus en
plus de l’apparence et de la morphologie de l’individu moyen, il devient difficile d’accepter
son apparence physique. Pour pallier ceci, beaucoup ont recours aux régimes amaigrissants,
au sport, aux produits cosmétiques et à la chirurgie esthétique.
Pourtant, ne faut-il pas d’abord corriger ses pensées et émotions avant de s’attaquer à la
rectification physique ?
Travailler à différents niveaux
Il est important de travailler à différents niveaux, aussi bien sur le cognitif que sur le
comportemental. Dans le cognitif, le but est de changer ses pensées et ses émotions ; dans le
comportemental, des exercices sont utilisés pour se réapproprier son corps en utilisant les
deux sens les plus aiguisés, le visuel et le toucher.
En pratique, que dire aux patientes ?
« Votre poitrine peut devenir un symbole de féminité et de séduction. Vous avez
probablement déjà acheté des soutiens-gorge sexy, et dans votre façon de vous
habiller, vous mettez vos seins en valeur et vous les aimez de plus en plus. Après un
bon bain où vous vous relaxez, devant un miroir, caressez vos seins avec une crème.
Effectuez des caresses brèves avec la paume de la main, puis avec les doigts. Ensuite,
essayez d’entrer dans un fantasme à valeur érotique élevée pour créer dans le cerveau
une connexion entre les neurones de la zone sexuelle et ceux de la zone mammaire.
Après plusieurs séances d’exercice, la seule stimulation de la poitrine sera associée à
l’excitation sexuelle et sera source de plaisir ».
Certaines rares femmes qui ont érotisé très tôt leur poitrine rapportent la possibilité d’obtenir
un orgasme simplement en caressant leurs seins.
L’excitation, provoquée par de légers pincements (certaines femmes préférant des pincements
plus forts), modifie l’aspect des tétons qui se gorgent de sang, grossissent et deviennent plus
sensibles. Cette stimulation des seins favorise la sécrétion par l’hypophyse de l’ocytocine.
Outre qu’elle est décrite comme l’hormone de l’attachement, elle est aussi l’hormone de
l’orgasme. Les sensations perçues au niveau de la poitrine s’amplifient, provoquent une onde
qui part des seins et entre en résonance avec la sphère génitale, ce qui provoque la
lubrification.
La place de la chirurgie esthétique
Quand les thérapies émotivo-cognitivo-comportementales ne suffisent pas à améliorer l’image
corporelle au niveau de la poitrine, la personne peut ou doit avoir recours à la chirurgie
esthétique.
Tandis que la chirurgie réparatrice est indiquée pour pallier les conséquences d’une maladie,
d’une malformation ou d’un accident, la chirurgie esthétique, elle, est en dehors de toute
nécessité thérapeutique. Elle est pratiquée pour des raisons de convenance personnelle. Les
gens y ont recours pour mettre en adéquation leur apparence physique avec le ressenti qu’ils
ont de leur être et de leur corps, tant émotionnel que psychologique.
Cependant, après chirurgie nous ne pouvons pas prétendre que toutes les personnes seront
contentes du résultat, même si une amélioration est perceptible pour tout un chacun… sauf
pour la patiente. Certes, le compagnon doit la complimenter, mais ce n’est en général pas
suffisant. C’est elle, devant le miroir, qui doit se trouver belle et désirable.
Le « bon cas » est la femme chez qui la poitrine qu’elle a dans la tête ne se trouve pas dans
son corps. Dans son imaginaire, elle a fait pousser ses seins, les a désirés, les a construits,
c’est comme s’ils existaient déjà. Elle souffre de quelque chose qui existe dans sa tête, mais
pas dans son corps. Après opération (à condition que ce soit bien fait), elle se dira « ces seins
sont comme si je les avais toujours eus », « si j’avais su, il y a longtemps que je me serais
faite opérée ».
En revanche, une autre patiente qui n’a pas ce désir pourra ne pas les aimer, ne pas les
supporter. Si sa demande est basée non pas sur tel ou ‘tel type de sein’, mais plutôt sur ‘une
silhouette’, il y a de fortes chances pour qu’elle ne puisse pas intégrer ses implants parce
qu’elle veut une silhouette et non une poitrine. Par ailleurs, il ne faudrait peut-être pas oublier
la pression du partenaire qui peut induire une demande non motivée, qui pousse à la chirurgie,
d’où échec de la chirurgie
Quid de l’avis du partenaire ?
Comment le partenaire réagit-il après l’opération ? Bien, mal, en fait, tous les cas de figure
existent.
Vignette clinique : Jennifer, 42 ans, vient d’abord seule à la consultation. Elle se plaint
que son mari souffre d’une dysfonction érectile depuis trois mois. Depuis lors, il ne lui
fait plus l’amour. Elle l’a poussé pour qu’il entreprenne une consultation pour son
trouble érectile. Lui, 46 ans, à la consultation donne une version différente des faits.
Il rapporte un événement que Jennifer a omis de rapporter : « Je suis parti 3 mois à
New York. Quand je suis revenu, qu’elle ne fût pas ma surprise : ma femme s’est fait
siliconer ! » Il faut voir ses seins quand on fait l’amour, ils pointent vers le haut, ne
bougent pas. Je ne les trouve pas du tout sexy ». À la consultation à deux, elle
prétend qu’elle a voulu faire un cadeau à son mari et prétend que tous les hommes
aiment une femme avec des seins refaits !
Voici le cas parfait où on prend son homme pour un imbécile. C’est nier le fait qu’il aime en sa
femme « quelqu’un » et pas « quelque chose ». Des consultations ultérieures, il ressort de cela
que Jennifer a peur que son homme aille voir ailleurs. Difficile de lui expliquer que si
l’homme va tremper son sucre dans la tasse de café de la voisine, c’est le plus souvent lorsque
sa femme n’investit plus la sexualité, et non parce que son corps a perdu d’élasticité ou de
fermeté.
Nous conseillons aux partenaires, avant l’opération, de discuter du bien fondé de ce
changement et surtout de visionner ensemble, sur internet, un film érotico-pornographique où
la femme a une poitrine refaite. Ils verront alors, la forme que prend la poitrine dans tel ou tel
position sexuelle. S’ils sont tous les deux d’accord, il est judicieux que la patiente rentabilise
l’opération de la chirurgie esthétique… qu’elle paie de sa poche. Qu’elle améliore l’image de
ses seins, qu’elle les érotise et qu’elle les « offre » au compagnon pour que lui aussi puisse les
érotiser et les trouver sexy.
La chirurgie esthétique de la poitrine
Il existe trois cas de figure : l’hypertrophie, l’atrophie ou l’hypotrophie, et la ptose
(affaissement) mammaire (2).
1. L’hypertrophie mammaire
L’hypertrophie mammaire est un problème fréquent, non nécessairement associé à une
surcharge pondérale, et invalidant pour la patiente à trois titres.
D’une part, le volume important perturbe l’image de soi, ce qui handicape ces patientes,
souvent jeunes, dans leur vie de tous les jours. Elles ne savent pas comment s’habiller pour
dissimuler cette hypertrophie, évitent certaines tenues vestimentaires et les activités
sportives ; ont des problèmes, voire une absence, de relations, en particulier amoureuses. Elles
sont persuadées que les autres ne voient « que cela ». Un autre problème est que cette
hypertrophie mammaire, par le poids des seins, est d’une certaine façon contre-balancée par
une position compensatrice non physiologique de la colonne vertébrale, responsable de
dorsalgies. Enfin, elles présentent souvent des mycoses sous-mammaires, en particulier en
période estivale.
La solution à ce type de problèmes est la réduction du volume mammaire.
Techniques chirurgicales
De multiples techniques chirurgicales existent pour ce faire.
Une cicatrice périaréolaire est, dans tous les cas, nécessaire puisqu’il faut repositionner et
recalibrer les aréoles qui sont en position trop basse, et sont souvent élargies. Une deuxième
cicatrice, verticale, est, elle aussi nécessaire puisque la distance entre le pôle inférieur de
l’aréole et le sillon sous mammaire est trop longue. Enfin, une troisième cicatrice est le plus
souvent nécessaire ; elle est placée dans le sillon sous-mammaire.
À long terme, la cicatrice périaréolaire devient très peu visible, particulièrement lorsque
l’aréole est peu pigmentée. La cicatrice verticale devient également très peu visible un an, un
an et demi après l’intervention chirurgicale. Quant à la cicatrice sous-mammaire, elle est
localisée dans le sillon et donc très facilement dissimulée (Figure 1).
Il arrive que les extrémités de la cicatrice sous mammaire soient légèrement hypertrophiques,
raison pour laquelle, quand cela est possible, on évite le recours à cette incision
supplémentaire.
Dans tous les cas, les pièces opératoires sont envoyées pour examens anatomopathologiques
afin d’exclure un éventuel (mais très peu fréquent) cancer du sein occulte.
Dans l’hypothèse d’une éventuelle grossesse ultérieure proche, on préférera postposer la
réduction mammaire après la grossesse et l’allaitement. Mais parfois, la situation est tellement
difficile à vivre sur le plan physique et psychologique qu’elle est réalisée plus tôt.
2. Hypotrophie ou atrophie mammaire
Compte tenu de tous les éléments qui ont déjà été développés, à savoir les répercussions d’un
manque de développement du sein sur l’image de soi et la féminité de la patiente, ces femmes,
souvent jeunes, seront demandeuses d’une augmentation du volume mammaire.
Encore une fois, le changement physique se traduira par un changement sur le plan psychique
et l’on observe une véritable renaissance (voire une naissance) de ces jeunes femmes.
Pour ce faire, deux options sont proposées. La première, la plus fréquente, est la mise en place
d’un implant prothétique mammaire. On utilise pour ce faire des prothèses remplies d’un gel
de silicone cohésif.
Ces prothèses peuvent être rondes ou anatomiques. Les prothèses rondes se caractérisent par
un diamètre unique et une projection plus ou moins marquée. Les prothèses anatomiques ont,
comme leur nom l’indique, une forme ressemblant à celle du sein, la hauteur n’étant pas égale
à la largeur, la projection étant variable.
Il existe de très nombreux modèles de prothèse ce qui permet, après le choix adéquat de celleci, d’obtenir le résultat le plus proche des attentes de la patiente.
Technique 1
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale en chirurgie de jour. L’implant
prothétique peut être mis en place en position pré- ou rétropectorale. La position prépectorale
a pour avantage d’être techniquement plus simple et moins douloureuse. Elle a pour
désavantage que la prothèse est plus superficielle et donc plus facilement palpable. Par
ailleurs, l’incidence de coques périprothétiques est plus importante.
En position rétropectorale, la prothèse est plus en profondeur donc moins aisément palpable et
l’incidence de capsules périprothétiques est moindre. L’intervention est sur le plan technique
un peu plus difficile pour le chirurgien et la douleur postopératoire plus marquée.
Pour ces raisons, la tendance est clairement en faveur de la position rétropectorale (Figure 2)
Les prothèses n’ont aucune incidence prouvée sur l’apparition d’un cancer du sein. S’agissant
de corps étrangers, il arrive qu’elles doivent être remplacées, soit par la mise en évidence
d’une rupture de l’implant, soit pour un résultat qui sur le plan esthétique est allé en se
dégradant avec le temps, principalement à cause d’une ptose du sein qui n’est plus positionné
en regard de la prothèse (âge, grossesse, allaitement).
Technique 2
Il existe une alternative à l’utilisation d’une prothèse mammaire, à savoir la greffe de tissu
graisseux autologue (lipofilling).
Cette technique, si elle permet d’éviter l’utilisation d’un corps étranger, ne permet en
revanche pas de choisir le volume qui sera injecté pour augmenter le volume du sein.
L’augmentation de volume du sein obtenue par cette technique est en général peu importante,
mais, si l’indication est bien posée, elle peut pleinement satisfaire la patiente.
3. Ptose mammaire
Avec le temps, à la suite des grossesses, des allaitements, des variations de poids, le sein peut
progressivement perdre de sa fermeté, de son volume, et va progressivement s’affaisser sur la
cage thoracique. Les seins apparaissent ainsi vidés de leur substance. Ces femmes veulent
récupérer leurs « seins regrettés ».
Technique
L’intervention pour corriger ce problème consiste en une mastopexie ou remodelage, qui est
globalement identique aux techniques de réduction mammaire, si ce n’est que l’on ne résèque
pas de parenchyme glandulo-graisseux.
Souvent au contraire, les patientes sont demandeuses d’une augmentation concomitante du
volume du sein, plus ou moins importante, qui, elle, sera obtenue par la mise en place d’une
prothèse mammaire en position rétropectorale ou d’une greffe de tissu graisseux autologue au
cours du même temps opératoire.
Conclusion
Le but de la chirurgie esthétique n’est pas de transformer la patiente en quelqu’un d’autre
qu’elle même, mais de restaurer l’image de soi, de la mettre en accord avec elle-même. On
met ainsi en adéquation le cerveau et le corps ; on soigne le corps imaginaire en modifiant le
corps réel ; on répare ainsi physiquement « ce qu’il y a derrière » psychologiquement : vie de
couple, vies sexuelle, sportive, sociale… Le but de la chirurgie est ici de transformer une
souffrance en une délivrance.
Bibliographie
(1) Iv Psalti, La Sexualité Positive, éditions la Musardine, Paris, 2019.
(2) Pierre Vico, Chirurgie plastique réparatrice et esthétique. Editions Presses
Universitaires de Bruxelles, Bruxelles, MEDI-G-4060_C_2017-18, 2017.
Dr. Iv Psalti
Docteur en Sciences Biomédicales (Ph.D.), Sexologue Clinicien
Auteur, conférencier, chroniqueur (télé, radio) et formateur en sexologie, www.ivpsalti.eu
Il est le créateur de la Sexualité Positive. Il enseigne la Thérapie Sexuelle Positive (TSP) dans le cadre de la
FPSP (Formation en Psycho–Sexologie Positive) à Bruxelles, Lausanne, Lyon, Montréal et Paris,
www.formationsexologue.eu
Il est enseignant à l’Université Libre de Bruxelles pour le « Certificat Universitaire en Sexologie clinique ».
YouTube : Dr Iv Psalti
Prof. Pierre Vico
Médecin spécialiste en chirurgie plastique réparatrice et esthétique
Il est agrégé de l’enseignement supérieur (Ph.D.) et Maître de Conférence en chirurgie plastique réparatrice et
esthétique à l’Université Libre de Bruxelles.
www.cabinet-electre.eu
Résumé
Nous estimons que plus de 50 % de femmes n’aiment pas leurs seins, car pour elles, ils ne
sont pas conformes à leurs critères personnels de beauté (elles les trouvent trop gros, trop
petits, tombants, asymétriques, mous, affaissés après plusieurs grossesses et allaitements…).
Elles se sentent aussi gênées qu’un homme puisse s’y intéresser. Pourquoi ? Parce qu’elles ont
une mauvaise image corporelle de leurs seins, ne les ont pas érotisés ni investis sexuellement.
Le but de la chirurgie esthétique n’est pas de transformer la patiente en quelqu’un d’autre
qu’elle-même, mais de restaurer l’image de soi, de la mettre en accord avec elle-même. On
met ainsi en adéquation le cerveau et le corps ; on soigne le corps imaginaire en modifiant le
corps réel.
Mots clés
Seins, érotisation des seins, sexualité, chirurgie plastique, chirurgie esthétique,
sexualité positive.
Figure 1. Patiente âgée de 19 ans présentant une hypertrophie importante du volume mammaire avec
problèmes de douleurs chroniques du dos et des mycoses fréquentes dans le sillon sous les seins.
Résultat à 3 mois (résection de 950 gr à droite et 1010 à gauche).
Figure 2. Patiente âgée de 23 ans. Absence totale de développement des seins. Résultat après 12 jours
(prothèses anatomiques de 275 ml).

La Sexualité Positive :
un outil pour atteindre la compétence sexuelle !
Iv Psalti
(Article paru dans Sexualités Humaines, 2016, 30 : pp. 66-79)
De nombreuses personnes, tel un certain Sigmund Freud évoquant un « continent noir », pensent
que la sexualité de la femme est un mystère (Freud S, 2002).
À mon avis, on pourrait simplifier le sujet, en avançant qu’il existe d’un côté, ceux qui aiment le
sexe, les sexophiles, d’un autre, ceux qui ne l’aiment pas, les sexophobes et entre les deux, les
intermittents du sexe (Psalti I, 2007). Je suis souvent critiqué par ceux qui ont horreur qu’on
mette les gens « dans des cases ». Mais, pour ma part, cette façon de faire facilite beaucoup la
compréhension du comportement sexuel des humains, femmes et hommes. Par ailleurs, ces cases
ne sont pas si hermétiques que cela. Tout un chacun peut passer d’un degré de sexophilie à un
autre, tout au cours de sa vie.
Certains sont sexophobes et asexuels et, ils ont le droit de l’être. Il ne faut pas les pousser à suivre
une sexothérapie ; ce sera peine perdue. Et que fait-on avec les autres quand ils ont des troubles
sexuels ? On les aide à s’en sortir. On montre à nos patients le chemin pour régler leurs troubles
sexuels. Mais, on peut aussi leur suggérer, si l’alliance thérapeutique le permet, qu’ils peuvent
s’épanouir sexuellement.
Comment y arriver ? Comment leur expliquer les étapes à suivre ? Pour ce faire, j’utilise la
Sexualité Positive que j’ai mise en place pour expliquer la « physiologie » de la sexualité.
La Sexualité Positive
La sexualité est l’ensemble des comportements relatifs à la satisfaction des besoins érotiques. La
Sexualité Positive prône un mieux-être sexuel. Dans l’optique de la Sexualité Positive, le sexe,
c’est bon pour la santé. L’épanouissement sexuel est à la portée de tous… à condition de le
désirer, d’être curieux et motivé. Mais avant tout, il faut pouvoir se dire : « Le sexe c’est bon pour
moi, bon pour mon propre bonheur ». Les gens qui utilisent la sexualité juste pour faire plaisir à
l’autre, tôt ou tard, ils l’abandonnent.
La sexualité n’a rien d’exceptionnelle ; c’est, tout simplement, une façon comme une autre de
prendre du plaisir. Le gastronome prend du plaisir en mangeant, l’œnophile en dégustant du vin,
le cinéphile en regardant un film, le mélomane en écoutant de la musique, le sportif en pratiquant
son sport préféré et le sexophile en faisant l’amour.
2
La sexualité est considérée comme une ressource personnelle positive. Elle n’est pas naturelle,
elle s’apprend et se découvre lentement, au gré de ses expériences. À 20 ans, on n’a pas la même
sexualité qu’à 40, 60 ou 80 ans. Elle a la particularité, le plus souvent, de se bonifier avec l’âge.
Elle est destinée à soi-même, à son propre bonheur dans la « sexualité personnelle », sinon, dans
le meilleur des cas, a surtout pour but de partager son épanouissement avec son partenaire dans la
« sexualité relationnelle ».
L’éducation sexuelle, dans la sexualité positive, vise à se former pour arriver à aimer le sexe, à
optimiser sa satisfaction sexuelle, à réussir à être un jour sexophile et à atteindre, si possible, la
compétence sexuelle : c’est-à-dire, acquérir les capacités de donner du plaisir à un autre, de
recevoir de l’excitation (au niveau génital) et de prendre du plaisir (au niveau du cerveau).
Les bases de la Sexualité Positive
La Sexualité Positive constitue une synthèse de la psychologie positive, des bases théoriques de
la santé sexuelle et de l’hédonisme. Elle met l’accent sur l’épanouissement affectif et sexuel des
individus et des couples.
La psychologie positive
Née dans les années 1960, la psychologie positive a acquis aujourd’hui ses lettres de noblesse : au
traitement des maladies mentales elle oppose l’apprentissage du bonheur. Elle a été lancée par
Martin Seligman, professeur de psychologie à l’Université de Pennsylvanie. Il pense que la
psychologie a trop concentré ses efforts à comprendre et traiter les maladies mentales et moins à
comprendre l’épanouissement humain (Seligman M, 2011).
Le bonheur n’est pas quelque chose qui arrive à l’improviste ; il doit être préparé, cultivé et
protégé par chacun (Csikszentmihalyi M, 2004). Les meilleurs moments de la vie ne sont pas
ressentis lorsque la personne est passive ou au repos mais quand le corps ou l’esprit sont utilisés
jusqu’à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser quelque chose de difficile et
important.
Le corps peu entraîné, l’œil insensible, l’oreille non musicale, le palais grossier, bref les sens
sous-développés apportent une information chaotique et des sensations frustes. Si les fonctions du
corps ne sont pas développées, la vie a peu de valeur, est morne et triste. Il faut donc développer
tous ses cinq sens, surtout dans la Sexualité Positive.
L’érotisme est à la sexualité ce que le sport est à l’activité physique. Il semble assez difficile de
conserver l’enchantement de la sexualité au cours d’une relation durable à moins de découvrir de
nouveaux défis en compagnie de l’autre et d’apprendre de nouvelles aptitudes qui enrichissent la
relation (Csikszentmihalyi M, 2004).
La santé sexuelle
La sexualité positive répond aux critères de l’OMS (1975) de la santé sexuelle :
3
• intégration des aspects somatiques, émotionnels, intellectuels et sociaux du bien-être
sexuel ;
• être en accord avec une éthique sociale et personnelle ;
• être libérée de la peur, honte, culpabilité, préjugés qui peuvent inhiber la réponse
sexuelle ;
• au niveau organique, elle suppose une bonne santé des organes sexuels qui mène à une
réponse physique correcte avec une capacité d’éprouver du plaisir et d’avoir un (des)
orgasme(s) ;
• au niveau fonctionnel, elle suppose que la personne vit bien dans son corps, se
reconnaît dans son propre corps ; elle prévoit l’acceptation de soi, de se plaire comme
on est, en apprenant à vivre avec d’éventuels défauts physiques et ceux liés à l’âge ;
• la rencontre sexuelle exige le consentement libre et conscient de l’autre.
La description que donne le professeur de sexologie québécois André Dupras (2007) du but de la
sexologie, s’accorde très bien avec les buts recherchés dans la Sexualité Positive : « Notre finalité
ne serait plus de rétablir la santé sexuelle de quelqu’un qui n’en a cure, mais d’aider des amateurs
(au sens étymologique) à se perfectionner, évoluer, se développer. Le but de la sexologie ne serait
plus alors une impossible thérapie, mais l’épanouissement affectif et sexuel de personnes
intéressées à vivre pleinement l’art de la rencontre sexuelle, et peut-être à faire de leur vie
affective et sexuelle une véritable œuvre d’art ».
L’hédonisme
L’hédonisme est une doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l’existence. Bien des
gens le confondent avec l’épicurisme, doctrine qui veut ramener les désirs au strict nécessaire
afin de conserver la tranquillité de l’âme (Onfray M, 1991). Le philosophe allemand Ludwig
Feuerbach (1804-1872) définit la philosophie hédoniste en ces termes : « Si vous voulez
améliorer les hommes, rendez-les heureux ; mais si vous voulez les rendre heureux, allez aux
sources de tous les bonheurs, de toutes les joies – aux sens. La négation des sens est à la source
de toutes les folies, les méchancetés et les maladies qui peuplent la vie humaine. L’affirmation
des sens est la source de la santé physique, morale et théorique ».
L’individu soucieux d’hédonisme cessera de considérer son corps comme un étranger. Il le
soignera et essaiera de lui donner du plaisir. Libérés du souci de procréer, les hommes et les
femmes des temps modernes pourraient partager les plaisirs d’une sexualité hédoniste. Le goût
des bonnes choses vient progressivement avec l’âge et avec une évolution de la sexualité
personnelle vers l’âge mûr et l’âge d’or (Psalti I, 2007). Pour les adeptes de la sexualité
hédoniste, les rapports sont charnels autant que spirituels. Ces sujets se développent
individuellement, se préoccupent de l’autre tout en l’érotisant et permettent à l’amour de
s’exprimer.
Développer les 3 activités sexuelles
4
Quand on parle sexualité, beaucoup ne pensent qu’à une sorte d’activité sexuelle : la relation
sexuelle entre deux personnes. Pourtant, outre la « sexualité relationnelle », il existe aussi la
« sexualité personnelle ». Dans cette dernière, se trouvent deux activités sexuelles bien distinctes
: entrer dans des fantasmes et s’adonner au plaisir solitaire. Les personnes adeptes de la Sexualité
Positive pratiquent, pendant toute leur vie, ces trois activités sexuelles : fantasmes, masturbation,
relation sexuelle.
En Occident, les personnes qui ont la chance de vivre assez longtemps, ont comme activité
principale, l’utilisation des fantasmes et ce, jusqu’à plusieurs fois par jour. Plus une personne a du
désir sexuel, plus elle fantasme. En plus, la majorité des humains pratique tout au long de leur
vie, plus de masturbations que de relations sexuelles.
Quand on parle d’éducation sexuelle, malheureusement on n’enseigne pas aux jeunes comment «
bien » se masturber. Or, c’est souvent leur seule activité sexuelle.
Alors, comment bien pratiquer les trois activités sexuelles pour obtenir une bonne satisfaction ?
Le fantasme
Le fantasme sexuel est une représentation mentale consciente qui déclenche une émotion sexuelle
et facilite l’émergence du désir sexuel. Il s’agit d’images, statiques ou en mouvement,
profondément enracinées dans la sexualité de l’individu, qu’il utilise régulièrement pour stimuler
son désir.
Il a comme fonction de maintenir le désir sexuel, de provoquer une excitation… que la personne
cherchera à apaiser par un orgasme suite à une masturbation ou à un coït. Il pimente le quotidien
pour empêcher la routine de s’installer. Il fait l’économie de la réalité et remplit une fonction de
compensation pour rendre tolérables certains désirs inavouables.
Les personnes ayant une bonne santé sexuelle, comprennent bien la notion de « sac à fantasmes »
: un sac rempli pendant toute sa vie de fantasmes variés et ayant un pouvoir érotique fort, c’est-àdire qui permettent une réponse sexuelle (érection et lubrification) intense. A partir d’un certain
âge, quand commencent les troubles sexuels, quoi de mieux, pour retrouver une réponse sexuelle
adéquate pendant les préliminaires et le coït, que de rentrer dans un fantasme fonctionnel, pour
poursuivre l’acte sexuel… à condition d’avoir son sac à fantasmes plein. Durant la vie, certains
fantasmes s’épuisent, perdent de leur pouvoir érotique ; c’est pour cette raison que chaque
personne soucieuse de sa santé sexuelle est amenée à enrichir sa vie fantasmatique en trouvant de
nouveaux fantasmes.
La masturbation
Chez l’adolescent, la masturbation est en général le premier acte sexuel, qualifiée d’acte d’amour
de soi. C’est aussi un âge qui offre peu de réalisations possibles en couple. Le plaisir solitaire
structure sa sexualité, permet de soulager ses tensions sexuelles… sans risque de grossesse et sans
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crainte d’IST (infection sexuellement transmissible). Il lui permet d’éprouver différentes
sensations, d’essayer différents touchers qui lui procurent du plaisir et lui font découvrir les
réactions de son corps. La plupart des jeunes s’adonnent souvent à la masturbation parce que leurs
pulsions sont intenses.
Pour des adultes qui n’ont pas de rapports, elle permet de conserver une activité sexuelle pendant
toute la vie. D’autre part, la plupart des adultes, vivant en couple, même s’ils ont une sexualité
épanouie, ont souvent recours au plaisir solitaire. Il s’agit d’une activité sexuelle utile à leur
épanouissement personnel. En France, 87 % des hommes (Brenot Ph, 2011) et 68 % des femmes
(Brenot Ph, 2012) en couple continuent à se masturber.
Certains jugent inadmissible qu’une personne en couple se masturbe, au lieu de « s’occuper » de
son partenaire et… prennent ça comme une tromperie. Il n’en est rien évidemment. La
masturbation sert aussi à nourrir sa vie fantasmatique. Parfois, on ne veut pas se lancer dans une
relation sexuelle : on est fatigué et on veut juste s’occuper de soi ; on n’a pas la force de procurer
du plaisir à l’autre ; on n’est pas sûr que le ou la partenaire a du désir, etc. La masturbation permet
donc, d’évacuer sa pulsion sexuelle à moindre effort.
Dans mon expérience clinique, je me rends compte que les gens qui n’utilisent que la sexualité
relationnelle présentent plus souvent des troubles sexuels. En sexothérapie, on travaille beaucoup
sur les fantasmes et la masturbation. Quand ces personnes n’ont pas ces deux activités sexuelles,
en absence de partenaires et de relations sexuelles, elles ont une chute de libido, accompagnée
souvent chez les hommes de problèmes d’éjaculation rapide et de dysfonctions érectiles et les
femmes, de troubles de lubrification et du manque de désir. Quand l’absence d’acte se prolonge,
les troubles peuvent devenir irréversibles. Ainsi, les autres activités sexuelles, surtout la
masturbation, servent à maintenir le corps en éveil et la machinerie fonctionnelle.
En utilisant les bonnes techniques de masturbation, on s’habitue à diffuser l’excitation dans tout
le corps, de façon adéquate.
Les bonnes techniques de masturbation féminine
Les Françaises se masturbent par stimulation manuelle du clitoris (73 %), frottement du corps sur
un support (lit, draps, coussin, accoudoir fauteuil) (21 %), contraction des jambes (16 %),
stimulation vaginale : avec les doigts (26 %) ou avec l’utilisation de sex toys (21 %) ; beaucoup
aiment bien le jet de douche (Brenot Ph, 2012).
La ‘mauvaise’ technique, c’est le mode d’excitation dit ‘archaïque’ (Desjardins JY, 2007) : arriver à
une décharge orgastique en contractant les muscles qui entourent ses parties génitales et en
faisant une pression sur son bas ventre et sur ses parties génitales, en serrant les jambes et en
s’aidant parfois d’un coussin. La ‘bonne’ technique, c’est le mode d’excitation ‘ondulatoire’ où la
personne vit son excitation sexuelle dans un corps fluide, souple, dans un mouvement diversifié
et dans différents tonus musculaires et attitudes confortables, en faisant des mouvements amples
sans se raidir. Puisqu’elle est dans un confort corporel, elle peut avoir accès à un plus grand
champ de conscience et à des sources de plaisir sexuel et de volupté sexuelle. Et avec l’autre
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main, elle caresse les autres parties érogènes (seins, vagin, périnée, anus…), pour diffuser
l’excitation sur plusieurs endroits de son corps.
Les bonnes techniques de masturbation masculine
L’action qui déclenche la satisfaction consiste, chez l’homme, à frotter sa verge avec la main (vaet-vient de la main ou du corps) ou sur un objet (draps, oreiller, vibromasseur, jet de douche). Le
plus souvent, il masse avec la main la hampe du pénis ou la couronne du gland par un
mouvement de va-et-vient.
Ainsi, la ‘bonne’ technique consiste à mimer au mieux le coït : comme le vagin est en général
humide, prendre l’habitude de lubrifier le pénis pendant la masturbation. Ne pas appliquer sur
l’organe toujours la même pression (des fois forte, des fois lâche), ni faire des va-et-vient à la
même vitesse (changer de lent, à rapide et vice et versa). Quand l’homme pénètre une femme, il
introduit soit toute la verge soit le gland. Pendant la masturbation, des fois on caresse tout
l’organe, des fois l’extrémité. Et avec l’autre main, il caresse les autres parties érogènes (tétons,
bourses, périnée, anus…) du corps.
Pendant la masturbation, afin de mimer au mieux la rencontre sexuelle à deux, aussi bien la
femme que l’homme peuvent également basculer le bassin.
Vignette clinique : Antoinette, 27 ans, consulte dans un centre de PMA pour une infertilité
d’origine « inexpliquée ». En fait, elle cache la raison de son infertilité. Cette dernière est
découverte par le gynéco après plusieurs consultations : anéjaculation coïtale de son
conjoint. Le centre envoie Antoine, 28 ans, chez un urologue qui lui demande comment ça
se passe pendant la masturbation. Il dit qu’il arrive à éjaculer à ce moment-là. Le patient
m’est alors adressé pour une « anéjaculation d’origine psychogène ». Lors de l’anamnèse
sexologique, Antoine me rapporte qu’il s’est masturbé pour la première fois, à 12 ans, en
se mettant sur le ventre, en frottant son pénis sur le drap. Ejaculation fabuleuse ! Trouvant
cela agréable, il recommence l’expérience trois fois de suite. Le lendemain, sa maman
l’appelle pour lui montrer l’état du drap, avant de le réprimander. Il doit trouver une
solution : un essuie-main, qu’il utilise quelques fois (qu’il cache bien à la vue de sa mère)
avant de le mettre dans la machine à laver. Vers 15 ans, l’essuie-main étant trop lisse, il
s’arrange pour en trouver un, qui n’est pas lavé avec un adoucissant. A 18 ans, il loge
dans un campus universitaire et se fait une collection d’essuies de plus en plus rêche. Il ne
prend jamais son pénis en main lors d’une séance solitaire. De plus, il n’a jamais pu
éjaculer dans un vagin, vu que sous son pénis s’est formé… un cor ! En fait, l’urologue ne
l’a pas examiné, persuadé que l’origine de son problème est psychologique. « Dis-moi
comment tu te masturbes, je te dirai qui tu es », me dis-je. Evidemment, son anéjaculation
n’a rien de psychogène mais d’une mauvaise façon de se masturber. On a mis presque
deux ans pour qu’il arrive, avec la bonne technique décrite ci-dessus, à éjaculer avec sa
main et avec des va-et-vient dans un vagin.
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Le rapport sexuel
Quand on parle du rapport sexuel on entend par là sexe à deux, englobant les préliminaires, les
caresses, les jeux sexuels avec ou sans sex-toys, les pénétrations (orales, vaginales, anales), les
positions, etc.
Pour être en harmonie sexuelle dans un couple, il faut être sur la même longueur d’onde au moins
aux niveaux de la libido et de la demande de fantaisies sexuelles. Si l’un aime faire l’amour une
fois par mois, le 3ème samedi du mois, à 10 heures du soir, dans la chambre à coucher, sur le lit
conjugal, lumière éteinte, sans enlever le pyjama, pénétration vaginale en missionnaire, 2-3
mouvements et hop… l’affaire est bouclée ; par contre, si l’autre aime faire l’amour au moins cinq
fois par semaine, à n’importe quelle heure, à l’intérieur de la maison comme à l’extérieur et ce,
partout, en utilisant tous les orifices, en révisant son Kâma-Sûtra, en faisant durer le plaisir le plus
longtemps possible, il y a de forte chance que ce couple ne s’entende pas dans sa sexualité.
Le comportement sexuel est fonction du caractère de l’individu, de sa façon d’être, des
expériences qu’il a vécues, de la relation qu’il a eue avec ses parents, de son histoire sexuelle et de
l’entente dans son couple.
Comment atteindre la compétence sexuelle ?
Comme on l’a déjà vu, est défini compétent sexuel, celui qui sait donner, recevoir et prendre du
plaisir sexuel. Il s’agit donc d’un apprentissage qui peut parfois prendre des années. Certes, il
existe des personnes plus douées que d’autres, comme certains qui ont plus l’oreille musicale que
d’autres.
Il faut d’abord savoir que le « bon baiseur » ou la « bonne baiseuse » universels n’existent pas.
Michel peut être un très bon amant pour Micheline, mais un piètre partenaire sexuel pour
Joséphine. Le bon amant, la bonne maîtresse n’est pas seulement la personne qui fait jouir son
partenaire. C’est celui (celle) qui se révèle être le meilleur support des attentes de tendresse, de
communication et des fantasmes de l’autre. Bref, c’est celui (celle) qui comble son partenaire.
Donc, il s’agit du « donneur » de plaisir. Le compétent sexuel doit aussi être capable de
« recevoir » et de « prendre » du plaisir
La compétence sexuelle est accessible aux personnes qui développent leur « intelligence sexuelle
», c’est-à-dire qui ont la capacité de connaître et de maîtriser leur sexualité, et de comprendre
celle du partenaire. Le compétent sexuel, c’est le sujet qui a appris comment fonctionne son
corps, c’est celui qui l’a érotisé et dompté. Il connaît aussi le fonctionnement sexuel de sa/son
partenaire, l’a érotisé, est à son écoute, utilise au mieux les techniques amoureuses apprises, fait
l’effort de se rappeler ce que l’autre aime.
Avant de décrire les étapes que doivent franchir les personnes afin de développer leur
compétence sexuelle, commençons par un exemple :
Vignette clinique : Lydia, 30 ans, consulte pour un DSH (désir sexuel hypoactif). Elle
cohabite depuis cinq ans avec son copain. Les premiers mois, elle prétend qu’elle avait
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beaucoup de désir sexuel, mais que celui-ci s’est épuisé avec le temps. Après deux ans de
vie commune, ils étaient à une fréquence de dix rapports annuels, et la dernière année, à
zéro ! Elle veut remédier à la chose.
Le sexologue qui se trouve face à un tel cas doit connaître avant tout l’histoire sexuelle de
la patiente : quand ont commencé ses trois activités sexuelles et quelle a été leurs
fréquences aux différents moments de sa vie ? Il s’avère que Lydia n’a pas de fantasmes et
ne s’est jamais masturbée de sa vie. Premier rapport sexuel à 19 ans et puis, beaucoup de
désir sexuel (prétend-elle) entre 20-23 ans et puis, ça s’épuise. Ce qui m’intéresse
évidemment c’est cette période de trois ans, que s’est-il passé ? Elle dit qu’elle a eu
beaucoup de rapports sexuels …. avec environ deux cents partenaires ! Elle était sur le
campus universitaire et elle s’éclatait….elle avait beaucoup de désir sexuel ! Je lui rappelle
que le désir sexuel, c’est pour obtenir du plaisir sexuel. Était-ce son cas ? Non, mais elle
est fière de « tout faire » au lit. Je lui demande si elle prenait du plaisir aux fellations,
pénétrations vaginales, sodomies. Non ! Avait-elle des orgasmes ? Non ! Alors, pourquoi
continuait-elle….pourquoi tant de partenaires ? C’était sa façon d’attirer les hommes. Elle
est loin de la Sexualité Positive. Sa seule motivation était de plaire et de séduire les
hommes. Et d’ailleurs, comment voulez-vous qu’elle obtienne du plaisir avec un corps qui
n’est pas formé au plaisir sexuel, qui n’est pas érotisé.
Avant de s’éclater dans la sexualité, autant les femmes que les hommes doivent franchir plusieurs
étapes consécutivement ou travailler sur ces étapes en même temps :
Découverte de son corps
Prenons les femmes. Les exercices consistent à se regarder nue dans la glace. Avant de le faire,
on se relaxe : quoi de mieux qu’un bain ou une douche chaude, sentir la sensation de l’eau et de la
mousse sur son corps. Puis, passer devant la glace à se regarder 5 à 10 minutes sous tous les
angles, puis, se toucher et se caresser à l’aide d’une crème ou de l’huile. S’attarder plus longtemps
sur les zones qu’on n’aime pas, qu’on ne trouve pas à priori belles.
Enfin, aller à l’exploration de son entre-jambe avec un petit miroir : écarter les grandes lèvres ;
reconnaître les petites lèvres, le capuchon du clitoris, le soulever pour faire apparaître le clitoris ;
voir où se trouve le méat urinaire par rapport au vagin, introduire un doigt dans le vagin pour voir
les sensations que provoque une pression du doigt, serrer le vagin pour emprisonner le doigt,
explorer le plancher pelvien et l’anus…
Érotisation de son corps
On doit pouvoir se dire : « Mon corps m’appartient. Je suis responsable de ma santé générale ….et
de ma santé sexuelle ; pour cela je dois apprendre à érotiser mon corps ». Érotiser un endroit de
son corps veut dire toucher cette partie, puis un message part du cerveau pour signaler que cette
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caresse est érotique et le corps réagit par une excitation sexuelle : érection chez l’homme et
lubrification chez la femme.
Si on veut avoir une bonne santé sexuelle, on doit avoir un bon potentiel érotique et on devrait
érotiser le maximum de parties de son corps, surtout les zones érogènes comme les parties
génitales, les tétons, l’anus, le pelvis et pourquoi pas d’autres zones comme les cuisses, les orteils,
le lobe de l’oreille, etc. Toute partie du corps est érotisable… si on la travaille à cet effet. La
capacité de ressentir du plaisir sexuel dépend de la capacité de la personne d’intégrer certaines
perceptions et émotions, de les coder comme érotiques tout en étant capable de les diffuser à
l’ensemble du corps mais aussi de les canaliser vers l’espace érotique interne, comme l’utérus ou
le vagin. Les conditionnements et les renforcements associés à ces zones érogènes sont
importants. Quoi de mieux pour y arriver que la méthode de « mindfulness », c.-à-d. la pleine
conscience (Pleine conscience et acceptation, 2011).
Lâcher prise pour prendre du plaisir et obtenir de la satisfaction sexuelle
L’acte sexuel est meilleur s’il s’effectue dans un contexte émotif et physique favorable et s’enrichit
de la qualité du lien amoureux. L’abandon se traduit par la capacité de lâcher prise, de laisser sa
conscience de l’environnement s’estomper, de relâcher son contrôle sur la réalité, de se laisser
emporter par le plaisir et dans le plaisir, de laisser ses pulsions suivre leurs cours. Cela demande
de la confiance en soi et à l’autre, de même qu’une vision saine du sexe.
… et enfin, améliorer son image corporelle
Pendant tout ce processus, pour arriver à la compétence sexuelle, le sujet doit travailler à
l’amélioration de son image corporelle.
L’image corporelle est la représentation mentale que l’on se fait de son propre corps, à laquelle
s’ajoutent les sentiments, les pensées et les jugements qu’il suscite en soi. Cette image se forme
dans la petite enfance, puis par les expériences successives du regard (regard de soi dans la glace
ainsi que le regard de l’autre, du père pour sa fille par exemple).
Tout être humain souhaite construire une image qui le valorise. D’abord s’accepter soi-même pour
ensuite se faire accepter des autres et se donner une apparence qui permette d’atteindre cet
objectif.
Pour bien vivre sa sexualité, on a besoin d’un corps dans lequel on se sent bien, dont on a pu
apprivoiser le fonctionnement, bref un corps qu’on aime ! Le mindfulness est un très bon outil
pour y parvenir (Pleine conscience et acceptation, 2011).
Les couples sexuellement assortis
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Comme je l’ai déjà souligné, au niveau sexuel, dans un couple on doit s’entendre sur la fréquence
et les fantaisies sexuelles.
Pour évaluer où on se situe en termes de compétence sexuelle, prenons deux couples assortis,
présentés précédemment dans un de mes ouvrages (Psalti I, 2011), en faisant des analogies. La
sexophilie, ici, je ne vais pas la comparer à l’œnophilie ou à d’autres plaisirs, mais à une pratique
de sport, au football professionnel.
Claude et Claudette.
Claude, bel homme, genre macho, aime rouler les mécaniques quand il se promène dans la rue.
Claudette, la belle blonde, ne passe pas non plus inaperçue. Aussi bien la gent masculine que
féminine se retournent avec envie sur son passage. Elle aime mettre en valeur son corps et fait
fantasmer les hommes comme une bombe sexuelle. Ils disent aimer faire l’amour… une à deux
fois par mois. « Je n’aime pas les tralalas pendant l’acte, ça doit être simple », avoue-t-elle.
Entendez, en missionnaire et vite fait. C’est parfait pour Claude qui est sur la même longueur
d’onde. Le couple est bien assorti et s’entend bien. Au lieu de s’investir dans la sexualité, ils
passent leur temps à sculpter leur corps. C’est leur choix et je le respecte.
Disons, par analogie sexualité-foot, qu’on se trouve face à des joueurs qui ne jouent pas en Ligue
1 ni en Ligue 2, mais en National.
Clément et Clémentine
La relation de Clément avec son épouse est empreinte de respect, d’amour, de complicité et
d’empathie depuis trente ans. A longueur de journée, il la touche, l’embrasse, lui dit qu’il l’aime.
Il partage avec elle toutes les bonnes choses que la vie leur a données : les enfants, les amis, les
repas, les hobbies, etc. Ils sont hédonistes, sexophiles et à l’âge d’or sexuel tous les deux. Au
début des préliminaires, il laisse le temps à sa Clémentine d’être charmée, de se sentir en
confiance, de le désirer et de s’exciter. Ses mains et sa bouche accompagnent la découverte du
corps de sa dulcinée pour, après quelques minutes, s’attarder sur des endroits plus stratégiques. Il
connaît les pratiques et caresses qu’elle aime. Quand il la sent prête, il la pénètre avec de
l’agressivité phallique. Ses mouvements de reins sont parfois lents, parfois plus rapides, selon le
désir de Clémentine. Il adore les gémissements profonds qu’elle émet à cet instant. Plus elle
prend du plaisir, plus il en prend. Il se ressource de son plaisir. Une fois qu’elle a joui, elle prend
la relève et s’occupe de lui. Elle aime aussi le voir en jouissance, quand il vit un bon orgasme.
Disons qu’on est face à des joueurs de Ligue 1.
Les couples sexuellement non-assortis
Disons que Clément et Claudette se rencontrent sexuellement, ; ce ne sera qu’un one-shot.
Clément se plaindra de se retrouver avec une femme qui fait « l’étoile de mer » et la pauvre
Claudette souffrira des positions et caresses variées que demande Clément et surtout d’un coït qui
dure « trop » longtemps.
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Pour Claude et Clémentine, ça ne marchera pas non plus. Voyant cette femme pro-active au lit,
sexophile, soit il éjacule très vite soit il débande, à cause de son angoisse de performance
provoquée par ses questionnements : « mais c’est quoi cette nymphomane » ? Notre Clémentine
sera aussi vite déçue de cet incompétent sexuel.
Clément peut amener Claudette en Ligue 1, Clémentine peut en faire autant avec Claude. Pour ce
faire, deux conditions : ceux qui sont en Ligue 1 veuillent bien faire l’entraineur pour ceux de
National, mais ces derniers doivent impérativement être curieux et motivés. Surtout, ils doivent
être convaincus que le sexe, contribuera à leur bonheur personnel.
Et vous, dans quelle Ligue jouez-vous ?
Quand dans un couple, cela marche sexuellement, c’est qu’on joue dans la même Ligue. Sinon,
on n’est pas assorti. C’est ça qu’il faut savoir pour comprendre la sexualité des humains. Tout au
long de la vie, on peut passer d’une Ligue à une autre.
Si on est bien entrainé, on peut même jouer en Champions League (difficile pour un joueur de
National et même de Ligue 2). On peut être blessé. Chuter de Ligue. Jouer en réserve si on n’est
pas bien entrainé. Le footballeur s’entraine avec ses coéquipiers, joue des matchs avec eux, des
fois fait seul de la musculation. Le sexophile compétent se contente parfois d’un quicky (le
footeux en match amical), aime de temps en temps faire la fête à deux (le footeux sur le terrain
pour un match important), parfois il se masturbe (le footeux fait seul du fitness).
Je ne crois pas que les grands sexophiles et compétents puissent jouer tous les jours en
Champions League (même Lionel Messi ne peut y arriver).
Au niveau sexuel, tout le monde ne joue pas dans la même Ligue. Une fois qu’on fait cette
analogie, on peut mieux comprendre la sexualité humaine. Les personnes ont des compétences
sexuelles différentes, les joueurs de foot ont des compétences sportives différentes. En
s’entrainant, on peut passer de National en Ligue 1… surtout si comme co-équipier on a un
joueur de très bon gabarit, qui nous poussera vers l’avant, pour atteindre même le niveau de la
Champions League. On pourrait parfois être moins performant, fatigué ou blessé et descendre de
Ligue. On peut alors s’entrainer seul pour se rétablir et retrouver la forme, sinon on fera partie de
l’équipe réserve.
Les analogies aident à comprendre certaines situations. Il faut les considérer comme telles.
Vignette clinique : Diane, 60 ans, consulte pour un problème qui la préoccupe : « Docteur,
dites-moi, pourquoi je fais fuir les hommes » ? De 30 à 50 ans elle vit en couple, heureux.
Ensemble, ils sont arrivés peu à peu à une compétence sexuelle pour devenir des joueurs
de Ligue 1. Le désert affectif et sexuel commence à la disparition de son mari. Ses
attentes sont grandes en matière sexuelle. Son erreur : chaque fois qu’elle est en face d’un
nouveau partenaire, elle sort le grand jeu. Il n’y a pas beaucoup d’hommes à son niveau.
Ils ont peur et entrent dans l’angoisse de performance, avec ses conséquences connues :
dysfonction érectile et/ou problèmes éjaculatoires. Elle se plaint qu’ils ne la rappellent
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plus pour un prochain rendez-vous. Pour ne pas stresser les hommes, je lui conseille de
faire « profil bas », du moins jusqu’à ce que le partenaire entre en confiance. Elle en a
trouvé un de 35 ans et l’a habitué à jouer de temps en temps en Champions League.
Cependant, elle se plaint de lui : il fait très bien l’amour, mais il est trop préoccupé de ses
orgasmes à elle. Il les compte. Lors de la dernière rencontre, il lui a rapporté, à la fin de la
séance, qu’elle a eu 5 orgasmes clitoridiens, 17 vaginaux et 5 anaux ! Evidemment, elle,
étant complètement dans le plaisir sexuel, est incapable de faire à ce moment ces comptes
d’apothicaires. La relation sexuelle dure plus d’une heure, à la fin, son pénis devient
comme anesthésié et il ne jouit pas. Pour que sa satisfaction à elle soit complète, elle a
besoin de voir l’acmé de l’homme. En fait, à mon avis, son partenaire n’est pas compétent
sexuel, il est trop dans le « donner » et pas encore dans le « recevoir et prendre ». Mais
bon, il est jeune, il a encore de la marge.
Le traitement par la Sexualité Positive
Pour aider nos patient(e)s à atteindre un épanouissement sexuel, à une sexothérapie doivent être
ajoutés une thérapie de couple et une aide à un épanouissement personnel (confiance en soi,
estime de soi, gestion de ses émotions, amélioration de l’image corporelle, etc.). Puis, pendant le
la thérapie du trouble sexuel spécifique, apprendre aux gens à érotiser leur corps, celui de l’autre
et à utiliser les trois activités sexuelles avec les bonnes techniques.
Conclusion
Pour bien comprendre la sexualité du patient qui est face à moi, j’essaie d’abord de simplifier
mon approche en utilisant ces cases (sexophilie, compétences sexuelles). Cependant, il est évident
que le comportement sexuel est plus complexe quand on prend en compte les diverses
dysfonctions, surtout dans le cadre d’une prise en charge sexothérapeutique.
Les gens qui atteignent les objectifs de la Sexualité Positive :
• ont trouvé le bonheur personnel
• utilisent toutes les activités sexuelles (fantasmes, masturbation, rapports sexuels)
• ont bien érotisé leur corps
• ont amélioré leur image corporelle
• ont développé une bonne entente sexuelle dans la relation
• vivent en général dans un couple heureux.
Références bibliographiques
• Brenot Ph. (2011), Les hommes, le sexe et l’amour, Paris, Marabout.
• Brenot Ph. (2012), Les femmes, le sexe et l’amour, Editions des Arènes.
• Csikszentmihalyi M. (2004), Vivre, La psychologie du bonheur, Paris, Robert Laffont.
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• Desjardins J.-Y., (2007) in : La Sexothérapie, Bruxelles, De Boeck, pp. 61-97.
• Dupras A. (2007), Sexologie Actuelle, vol. XVI, no. 1, pp. 5-8.
• Freud S. (2002), Œuvres Complètes XVIII, Paris, PUF.
• Pleine conscience et acceptation (2011), sous la direction d’Ilios Kotsou et Alexandre
Heeren, Bruxelles, De Boeck.
• Psalti I. (2007), Migraine ou gros câlin, Editions Anne Carrière, Paris, et au Livre de
Poche, (2008).
• Psalti I. (2011), Sexe : savez-vous vous y prendre avec les hommes ? Bruxelles, Ixelles
Publishing.
• Onfray M. (1991), L’Art de jouir, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle.
• Seligman M. (2011), Vivre la psychologie positive, Paris, InterEditions.
Iv Psalti
Docteur en Sciences Biomédicales, Sexologue Clinicien
Auteur, conférencier, chroniqueur (télé, radio) et formateur en sexologie www.ivpsalti.eu
Il est le créateur de la Thérapie Sexuelle Positive (TSP). Il enseigne la TSP dans le cadre de la
FPSP (Formation en Psycho–Sexologie Positive) à Bruxelles, Lausanne, Lyon, Montréal et Paris
avec le psychologue québécois Yvon Dallaire www.formationsexologue.eu
Il est aussi enseignant à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) pour le « Certificat Universitaire
en Sexologie Clinique ».